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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 17:50
Encore un départ mais cette fois-ci pour gagner mon second salaire avec contrat de travail et tout le toutim.
Fini les Baby-sitting de fortune vivement la première vraie rencontre avec le monde travail. Hourra !
C'est ce que pensais, normal à 19 ans, sortie de 9 ans de pensionnat, la vie ne pouvait QUE être belle. Ceci dit, ma collègue Stéphanie P m'avait bien prévenue : "Si tu trouves que la vie en pension est dure, dehors c'est pire, puissance 10".
Le train me dépose donc à la gare et là, un bus de l'armée m'attend ainsi qu'une poignée d'autres personnes afin de nous amener à la colonie de vacances pouor ados de l'IGESA.  Encore de l'armée, moi, cela ne me choque pas puisque c'est par le service social militaire que j'ai pu obtenir un poste.
Arrivée sur les hauteurs de l'arrière-pays. Un établissement magnifique, parfaitement entretenu, esprit militaire oblige. Le directeur et son épouse nous acceuille. Lui : un grand homme sec mais musclé, blanc, cheveux grisonnants ; elle : une beauté black avec des extentions rasta. Il était professeur de français expatrié au Bénin et elle enseignante d'origine dans ce même pays. Un couple magnifique physiquement mais surtout dans leur esprit. Dès le début, un élan de sympatie me poussa vers eux avec la ferme intention d'avoir la chance de faire partie de leurs connaissances.
Durant les 2 premiers jours, les filles, de mon âge, qui travaillaient là depuis déjà quelques années, me montrèrent le travail à effectuer. Rien d'extraordinaire : le ménage des dortoirs, des déambulations, la préparation du réfectoire, service des repas et desserte. Puis la lingerie : ramasser, laver, étendre, repasser et redistribuer le linge des ados. Toutes ces tâches attribuées sur roulement plannifié.
Nous déjeunions avant le service des ados pour l'essentiel d'entre nous et les 2 derniers mangeaient avec la direction. Un jour, absorbée par ma tâche, je n'ai pas vu l'heure du repas arriver. Le directeur est venu me chercher et m'a fait assoir entre lui et son épouse pour le repas. J'étais aux anges. Mes collègues me hurlèrent dessus car cela ne se faisait pas. Bon.
La lingerie était le poste le plus détesté par tous car, la pause tabac n'était pas possible et le tri du linge et sa répartition par dortoir posait visiblement un vrai problème à la plupars. Je signale donc à mes collègues, que je préférais ce poste et que, s'ils étaient d'accord, j'acceptais de ne faire que celui-ci. Accord général des collègues mais à la condition que j'en fasse la demande auprès de la direction. Accord de la direction, qui trouva mon initiative de bonne augure. En remerciement du travail suivi fourni, la direction me fit déjeuner avec eux de façon définitive. Super ! Je profitais de ces repas pour créer et enrichir ma culture sur le Bénin et l'Afrique en général. Le couple de direction était ravi d'avoir un interloccuteur si attentionné et avide d'informations. 
Mais je n'avais pas vu les nuages noirs de la colère de mes collègues arriver.
Pour les jours de congés, si le cas se produisait, nous pouvions profiter du bus pour descendre du site. C'est ainsi que j'ai eu l'opportunité de visiter le musée Cousteau de Monaco : une merveille, impossible à faire en une seule journée. Il est simplement regrettable de savoir que c'est ce même musée qui nous a pollué la Méditerrannée avec cette maudite algue (petite parenthèse écolo).
Arrive la fin de la colonie. La veille du départ, un repas amélioré est donné à l'ensemble du personnel, et tout le monde mange ensemble, pas de service. C'est ce jour là que j'ai pris ma première cuite. Je n'avais jamais bu d'alcool, la fête aidant : "Allez Kinia, un verre de rouge, un de rosé, un de blanc et encore un de rouge". Total : la tête tourne ainsi que les boyeaux. Kinia se lève de table et vomir tout son contenu gastrique et au dodo.
Et pendant ce temps, en Moselle, mon futur époux fréquentait toujours Laurence et se préparait à entrer en terminale je ne sais quoi.
Le lendemain, jour du départ. Pas de gueule de bois, visiblement mon organisme a su me faire arrêter à temps. Chargement des  valises dans les soutes du car. Au loin une voix : "Kinia, viens nous avons quelquechose à te donner". J'arrive auprès de mes collègues et là : lunchage en règle : shampoing, mousse à raser, oeufs, giffles et coup de poing + tentative de destruction de mes vêtements au cutter. La directrice intervient et me mène à la douche la plus proche. Elle va chercher ma valise afin de me trouver d'autres vêtements à mettre ainsi qu'un sac poubelle pour y mettre les affaires souillées. Sous la douche, j'entends la directrice pleurer et son époux a du venir la consoler. Elle n'avait jamais vu cela et lui non plus. Je monte dans le car, cheuveux mouillés mais surtout les yeux mouillés car, à cause de cette situation j'ai perdu ce couple de vue. En effet, de dépit, la directrice déchira mon papier-adresse et promis de ne plus jamais revenir en France.

"Dehors, ce sera pire, puissance 10" merci Stéphanie.
Mais j'ai eu mon second bulletin de salaire : 3583.52 francs : une vraie fortune pour moi mais à quel prix !
Il y a des mis que l'on voudrait oublier mais ce sont eux qui restent au fond de la mémoire mais pas autant au fond qu'on le voudrait.
Pourvu que l'école d'infirmières soit plus acceuillante.

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Published by Kinia
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commentaires

laurent mon journal de bord 05/11/2009 11:14


bonjour kinia,

suite des aventures...

ce sont des souvenirs que l'on gardera toute sa vie,
je me souviens d'avoir bossé à la laverie aussi pendant mon service militaire, je n'étais pas très fort pour ça... me souviens bien de la chaleur qu'il y faisait.

bonne journée,

gros bisous

bien amicalement


Kinia 05/11/2009 22:31


Laurent : Le point positif à lire à rebrousse-poil est que je rajeuni.
Bises Kinia 


le Pierrot 23/09/2009 07:29


P'tit coucou rapide Kinia, passe une bonne journée...


Kinia 24/09/2009 09:08



Le Pierrot : j'ai bien vu que tu es revenu. Pas trop fatigué ? Fais reposer le Nikon un peu sinon il va atteindre la visite des 50.000 trop vite.
Bisous Kinia 



Dr Sangsue 19/09/2009 10:05

Encore un bel épisode montrant l'espèce humaine dans sa monstruosité. En effet, on se demande, ici, qui est le monstre.

La jalousie est une saleté.

C'est pour cela que, pour ne pas attirer la jalousie, il y a des expressions imagées.

"Pour vivre heureux vivons cachés"

Les hommes politiques diraient : pas de vagues

Kinia 21/09/2009 08:23


Mon cher Doc : Je te remercie une fois encore de venir me consulter. C'est grave docteur ? Eh oui, je le sais tout cela mais, il y a des caractères comme le mien, qui croient en l'Homme mais qui y
laissent de plumes à chaque fois. Pourtant, je le sais mais le naturel revient au galop.
Bises Kinia 


Virginie 18/09/2009 21:21

J'aime beaucoup ta façon d'écrire ! on a l'impression que tu es là avec chacun d'entre nous et que tu racontes ton histoire,on ne te lis pas, on t'écoute...
Et à chaque récit tu nous reparles de Kinia le monstre mais lorsque tu auras terminé d'écrire elle sera derrière toi cette Kinia ou pas ?
Tu as tellement de choses à dire, à expulser...
Tu es vraiment quelqu'un !
Je t'ai mis dans mes liens dans mes 2 blogs, surtout parce qu'avec le second ton nom et surtout le titre de ton billet apparait !!!!
Plus de retard pour la suite et j'ai l'oeil droit sur toi !!!
Bises et bonne soirée à toi Kinia et merci de tes coms chez moi qui sont très forts et très pertinents....

Kinia 21/09/2009 08:21


Virgine : Merci beaucoup. C'est bien la première fois depuis très longtemps que je reçois un compliment qui vient du coeur. A la vue de ce com, je pense que la Kinia monstresse est derrière moi
mais, tu le verras, rien n'est encore fini pour ce blog. Heureusement, sinon je pourrais tout arrêter.
je dois avouer aussi que je n'ai pas tout dit. En effet, de nombreuses anecdotes ne sont pas écrites car ce serait alors trop long, déjà que...
J'ai la chance d'avoir une mémoire phénoménale et de, je pense, savoir les raconter. Tu verras aussi que cette capacité m'a été anéantie pendant de longues années. mais cela c'est pour la
suite....
Bises Kinia 


jean-philippe 15/09/2009 23:54

bonsoir Kinia ! voilà un récit qui me comble ! j'apprécie d'autant plus votre sens aigue du détail !! bonne nuit belle plume !

Kinia 16/09/2009 10:23


Jean-Philippe : merci de ton passage et de ton com. Si tu en as le courage, tu pourras lire l'intégralité de ma vie à travers ce blog. Je ne sais pas si je suis interressante dans ma vie ou/et dans
mon écriture, mais, mes enfants me nomment :"Madame Bécherel". Il te faura me donner une réponse plus tard.
Amitiés Kina