Baccalauréat en poche, une petite valise à la main, vous savez ces valise en métal, mais oui, celle qui laissent de grosses bosses sur les tibias lorsqu'elles tombent ou basculent, Paris me voici
!
L'assaut de la capitale en soi ne m'intéressait pas. Je n'étais pas comme la plupart, issus des provinces à l'attaque de la capitale, espérant un avenir meilleur. Non ! Moi, je montais afin de
devenir Infirmière. C'est tout ! Mais n'oublions pas que C'EST LE BUT DE MA VIE.
Arrivée chez ma tante et son mari à Ermont. Je connaissais bien la maison, puisque j'avais participé à sa rénovation intérieure pendant certaines vacances d'Echouboulains. Bisous à tout le onde et
surtout à mon filleul. L'hébergement et le couvert m'étaient offert contre aide pratique dans la gestion quotidienne de la maison et des 4 enfants. Bref, nourrie et logée contre ménage et babby
sitting. C'était un bon deal mais qui ne dura qu'un temps malheureusement.

Etude approfondie de la carte du métro. Montée SNCF à Ermont Eaubonne, petit trajet à
pied (à l'époque le lien de ce de la SNCF et le métro n'était pas encore fait et ce trajet n'était pas encore RER sauf pour le tarif carte orange = 3ème zone), puis métro ligne Asnières
Genevilliers/Saint Denis jusqu'à Duroc, puis tout petit trajet à pied jusqu'à l'hôpital Necker.

A la sortie de Duroc, une particularité : trottoir de gauche : centre pour aveugles,
trottoir de droite Hôpital des enfants malades de Necker. Bon, je prends à gauche et je souhaite de tout mon coeur que l'école d'infirmière n'est pas à l'autre bout car j'ai déjà mal aux pieds.
(Voilà ce que c'est que de faire la belle sous pretexte de jours de rentrée...). Non, c'est le premier bâtiment.
Accueil par nos enseignants, top mode et non pas coincés, jeunes et dynamiques. Bla, Bla, Bla, et puis un discours particulier apparaît et reviendra souvent sur la défense de la profession.
Attention à la technologie (qui transforme les infirmiers en techniciens de haute volée oubliant le soin et le contact humain), aux aides soignantes et aux toubibs qui veulent nous manger le boulot
sur le dos, les uns pour se faire "avancer" et les autres pour avoir des actes à pratiquer.
Et enfin la liste du matériel à acheter : le livre de Virginia Handerson sur les douze besoins fondamentaux de la personne (85 francs), une pince cochère démontable (95 francs), une paire de
ciseaux démontable en 16 centimètres (270 francs). les ciseaux en 14 cm ne faisant que 210 francs, j'ai acheté ce dernier et puis Zut !

Retour dans le métro où attendaient des personnes "mal-voyantes" qui me demandaient la
destination de la rame. En effet sur cette ligne, une rame sur trois allaient à Asnières et les deux autres sur Saint Denis. Il y avait quand même une voix qui annonçait la destination de la rame
une fois celle-ci presque parvenue à la station "la fourche".
Ce premier jour fût notable car sur 120 élèves, il n'y avait que 6 mecs. Tous les 6 ne faisaient cette école que pour accéder à d'autres formations pour lesquelles le diplôme d'infirmier était
obligatoire. Il leur était hors de question de n'être que de simple infirmière...
C'est aussi ce jour là que j'ai remarqué une fille dans un coin de la salle. Je l'ai invité à partager mon casse croute et nous avons sympathisé. Elle n'avait jamais fait de biologie et donc je
l'aiderais, et elle, va m'apprendre certaines choses de la vie quotidienne et de celle de l'étudiant. Christine, je ne t'ai jamais oublié.