40 : département des Landes, préfecture : Mont-De-Marsan.
Département qui a vu naître le monstre et qui va tout faire pour s'en débarrasser. Mais avant, 2 ans vont s'écouler.
Mon grand-père m'accueillit donc chez lui pour m'assurer le gîte et le couvert pendant mes 2 dernières années d'école d'infirmière. Afin que je puisse être autonome, il m'acheta une mobylette, dernier cri, flambant neuve, avec, et c'est important le plus gros phare qu'il y avait sur le marché à l'époque pour ce genre d'engin.
Cet acceuil lui permettait aussi d'avoir à nouveau de la famille auprès de lui. Ma tante, seconde soeur de ma mère, vivait là aussi en attendant de se trouver une maison à la mesure de son statut. A l'époque elle n'était que expert-comptable dans un cabinet de Mont-de-Marsan.
Mon premier jour à l'école d'infirmière fût ...dur. J'arrivais dans les locaux et demandais où était ma salle de cours. Je fus très surprise. La salle était petite avec deux rangées de tables en U et avait une capacité de 23 élèves. A paris nous étions 66. La seule place libre était au centre sur le U intérieur. Tous les regards étaient sur moi avec un mépris clair et distinct. Je n'avais pas encore ouvert la bouche. Que pouvait-on déjà me reprocher ?
Pas de présentations. A la première pause, je m'adresse à ma voisine immédiate de table et je me présente.
Odile : "Pas besoin, nous savons qui tu es".
moi : "Ah bon ? Mais pourquoi ces regards méfiants ?"
Odile : "On nous a prévenu qu'une fille allait venir de Paris et qu'elle allait nous en mettre plein la vue tellement son dossier est énorme. Donc, nous pensons que c'est toi qui va nous apprendre la vie."
moi : "Mais c'est n'importe quoi !"
Odile : " De toutes façons : Parisien tête de chien. Ca croit tout savoir ! Et tout apprendre aux autres !"
moi : "Laissez-moi au moins le temps de vous prouver que je ne suis pas comme cela. Il fallait un super dossier pour revenir chez moi c'est tout"
Odile "Ah bon ? Tu es d'ici ? "
Et me voilà partie à raconter ma vie en plusieurs étapes car la pause n'était pas assez longue pour tout dire d'un coup.
Au fur et à mesure, les oreilles se tendirent mais le constat était : On va voir.
Et on a vu. Et on a bien tout fait pour.
J'ai été massacrée dès le premier stage.
Dans cet hôpital, à ce moment là, point de plateaux à pansements mais les tambours de compresses et les pinces à servir. Point de matériel à usage unique hors mis les aiguilles et quelques seringues. Point de gants stériles sauf au bloc.
Et j'ai eu le malheur de demander où tout ceci était rangé afin de faire mes soins. Et j'ai eu le malheur de demander des gants à usage unique pour certains soins.
"Mademoiselle, n'est pas digne d'être une infirmière, une personne qui ne met pas les mains dans la merde et le sang !"
Premier stage 4/20 avec des mentions mémorables : "outrepasse ses fonctions d'élèves", "ne sait pas s'adapter au service", "devrait faire preuve d'humilité"...
Quid de mes observations de Necker ???
Pendant ce temps là, kaalloo préparait ses épreuves du baccalauréat.
Mais il y a eu une chose qui a aidé à mon intégration : la machine à café. En effet, personne ne voulait l'entretenir. Je l'ai fait, deux fois par semaine pour le nettoyage et tous les jours pour le remplissage et le compte de la caisse. Il paraît que le café n'avait jamais été aussi bon. Forcément, la machine été propre.
Mais bientôt les première épreuves écrites...