Dans la série des aléas de la vie : la tempête.
Il est vrai que depuis celles de 1999, tout le monde sait ce qu'est une tempête mais il y a quand même des fois où cela marque particulièrement.
Depuis petite, les tempêtes faisaient partie de mon quotidien. Habiter dans les Landes n'est pas simple surtout dans les années 1960 car le réseau électrique et routier n'était pas ce qu'il est maintenant. Donc ne pas voir la fin du film et s'éclairer à la lampe à pétrole, rien d'étonnant pour moi. Les bougies, les lampes à pétrole et les réserves d'eau ont toujours fait partie de mon quotidien.
Ceci dit, il y a eu le 07 juin 1987.
Ce dimanche là, nous étions en villégiature sur le lac d'Arcachon avec toute l'équipe de gymnastique acrobatique pour la dernière compétition : les régionales.
Il n'y avait que le chauffeur du bus, les filles de l'équipe et moi. A cette époque, point n'était besoin de X moniteurs afin d'encadrer un groupe de mineurs.
La compétition se passa tant bien que mal avec ces ados de 13 à 15 ans qui ne voulaient pas venir parce que : 1/ "je ne veux pas montrer mes cuisses"
2/ "j'ai mon petit copain qui veut que je reste avec lui" etc, etc...
Les résultats furent donnés, pas très bons pour nous mais c'est aussi cela la compétition ! Les organisateurs nous demandèrent, comme à toutes les équipes de participer à une présentation, en extérieur, pour les parents et les officiels.
La négociation fût âpre avec les filles mais nous nous exécutâmes.
En attendant la suite des évènements, nous suivions de loin la compétition d'aviron sur le lac.
Tout à coup, le stade se vida de ses occupants. Tous les entraineurs repartirent en criant.
Une fille de mon groupe : "On s'en va ?"
Moi : "Non, nous allons finir la journée, le plus intéressant arrive : la démonstration des minimes"
Elle : "Mais tu as vu l'orage qui arrive ?"
Moi : "Ce n'est qu'un orage, tu devrais y être habituée comme moi. "
Mais au bout de quelques minutes, le ciel s'assombrit très brutalement et le vent n'était pas Normal. En une fraction de seconde, j'analysais la situation et je battis le rappel de mes ouailles.
Après un comptage minutieux des filles et des sacs, le chauffeur démarra et me dit clairement de tenir les filles tranquilles car le retour allait être difficile pour lui.
Je donnais donc les instructions et le ton que j'avais utilisé devait être particulier car personne ne broncha. (ce ton me servira plus tard...au boulot). Le vent devint effrayant, tournoyant dans une corne noire. Les arbres s'abattaient sur la route et nous avons même eu le droit à la foudre sur le bus. Que c'est bien les pneumatiques comme isolant...
La grande chance que nous avions eu était de circuler dans le sens de débitage des pompiers. Le chauffeur ne se déconcentrait pas une seconde de sa conduite.
De retour à Mont-de-Marsan, avec une heure de retard sur l'horaire normalement fixé, les parents ont voulu me disputer pour l'attente. Cependant, à la vue du regard de leurs filles et de leurs explications, ils partirent sans un mot. Il n'y avait pas de téléphone portable en 1987.
Un seul parent m'a remercié, la semaine suivante, de la bonne prise en charge des enfants et de mon action du moment.
La nature, dans son terme de phénomène climatique avait essayé de souffler le monstre : raté.
Mais elle ne restera pas sur cet échec. D'autres phénomènes naturels sont à venir...