Pour le diplôme d'état d'infirmière, il faut présenter un mémoire sur la place et le rôle de l'infirmière dans un contexte précis. Sujet au choix, ou presque...
Les enseignantes souhaitaient des sujets, pas trop à la mode afin qu'elles n'aient pas trop de recherches à faire, en gynécologie car l'une d'entre elles s'en était fait sa petite spécialité, pas de psychiatrie car à cette époque les infirmières spy avaient leur propre cursus d'apprentissage (et elles n'étaient pas comme nous....) et enfin un sujet que l'hôpital de Mont-de-Marsan pouvait traiter régulièrement.
Bref, le choix. Bof ! Bof et re bof !
Rien ne m'intéressait... Trop banal, déjà vu, j'veux sortir de là...
Tilt ! Une tendance me tenait tout particulièrement à coeur : un milieu rare, discriminé et pourtant tout aussi important que les autres voire plus :
LE MILIEU CARCERAL.
Allez hop, j'envoyais ma demande de stage auprès de l'hôpital public de Fresnes. /Il s'agit d'un hôpital public de l'Assistance Publique de Hôpitaux de Paris mais réservé à la population incarcérée, qui, pour la première fois ouvrait ses portes aux stagiaires (car le manque cruel de volontaires devenait plus que douloureux)/.
Les enseignantes ont tout fait pour me dissuader d'un tel choix en m'en proposant tous plus ringards les uns que les autres.
Je voulais faire quelque chose qui sorte des sentiers battus !!!!
Un petit retour sur Paris s'imposa.
Le stage se déroula sans aucunes difficultés et je dirais même le plus merveilleux que j'ai eu à faire en 3 ans.
prison de Fresnes En plus ma soeur m'avait prêté sa chambre universitaire à Antony pour les 15 jours nécessaires et je fus de suite invitée aux soirées antillaises de la cité.
Mon oncle, professeur de DAO ainsi que ma marraine, son épouse, professeur en économie me tapèrent le mémoire, et modifièrent certaines tournures de phrases. Pas toutes car certaines étaient percutantes et devaient le rester. Il me firent aussi la reliure des 3 exemplaires obligatoires pour l'examen plus un pour le service d'accueil.
Je baptisais ce mémoire, sobrement : l'infirmière en milieu carcéral.
Chaque élève avait un référent pour son mémoire. Moi, j'avais LA DIRECTRICE de l'école. J'étais fière....Elle ne me reçu qu'une fois car elle avait des obligations...
Je lui demandais toute fière la raison de son oeil sur mon devoir. "Parce que personne n'en n'a voulu !" Pan ! Dans les dents (fraîchement rafistolées).
Arrive le jour de l'examen. La directrice fait venir l'infirmière de la maison d'arrêt de Mont-de-Marsan afin de recevoir ma soutenance.
Les deux femmes m'écoutèrent, pieusement. La directrice était effarée à l'idée de noter un sujet aussi saugrenu et TELLEMENT RISQUE POUR LA REPUTATION DE L'HOPITAL ET DE SON ECOLE. L'infirmière, elle était heureuse que enfin quelqu'une non seulement s'intéresse à ce sujet, mais en plus en fasse un mémoire de DE (Diplôme d'Etat).
Verdict : Le titre de mon mémoire n'aurait pas dû être "l'infirmière en milieu carcéral" mais "l'infirmière en milieu hospitalier carcéral". En effet, il y avait énormément de différences entre ces structures.
Bref, en raison de ce mot en moins dans le titre je n'ai eu que ....
Attention les yeux : 39 / 40
Oui je suis fière de moi !

Pendant ce temps, Kaalloo se présentait au service militaire auprès de l'ESOAT (Ecole de Sous-Officiers d'Active des Transmissions) à Agen